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Tu n’es pas brisé·e. Ton modèle de leadership l’est.

  • il y a 6 heures
  • 5 min de lecture

Par Danielle Duguay


La plupart des gens pensent que diriger devrait ressembler à se lever, prendre sa place de manière confiante à la Steve Jobs et devenir un·e leader transformationnel.


Pour beaucoup d'entrepreneur·es, ça ressemble plutôt à enfiler le costume de quelqu’un d’autre et à sourire comme s’il était taillé pour toi même si ce n’est pas confortable.

Steve Jobs

Steve Jobs, Source: Gulom Nazarov, Unsplash

Le coût est silencieux et constant : l’énergie se vide, la confiance diminue, et tes journées commencent à peser plus lourd que les résultats que tu livres.


Sam est le genre de leader qu’on qualifie de solide. Haut potentiel même. Début quarantaine. Fondateur·trice et PDG d’une PME Québécoise en croissance. Voix calme, d'apparence confiant·e, le type de personne qui se présente même fatigué·e et sur qui ont peut toujours compter.

Sam, aux cheveux bouclés en chemise rouge écrit à un bureau éclairé par le soleil. Plantes vertes en arrière-plan. La personne est fatiguée et a le dos courbé sous le poinds du travail.

Photo: Mathieu Chevalier

Un mercredi après-midi, Sam reste seul·e au bureau après le départ de tout le monde.


Les lumières sont trop blanches et fatiguent les yeux.


L’ordinateur portable est encore ouvert.


L’agenda est un escalier de réunions sans palier, sans pause.

Trois choses se produisent depuis des mois, et Sam les traite comme si c’étaient trois problèmes séparés :

  1. Sam relit ses courriels trois fois avant d’envoyer puis s’inquiète quand même d’avoir eu le mauvais ton ou de mal s'exprimer.

  2. Sam évite de demander ce dont iel a besoin jusqu’à ce que ça devienne urgent. Iel essaie d’incarner le servant leadership et passe les besoins des autres avant les siens.

  3. Sam quitte à l’heure et continue de travailler dans sa tête toute la soirée. Parfois une partie de la nuit. Ses proches le remarque et passent des remarques.


Rien de dramatique. Juste une fuite lente qui passe inaperçue parce que ça fait tellement longtemps que ça dure qu'iel ne le voit plus.

Ce costume que Sam porte (poli·e, compétent·e, contrôlé·e) promettait la sécurité :

  •  Si je suis assez prudent·e, personne ne doutera de moi.

  •  Si je suis assez accommodant·e, personne ne sera fâché et me rejeter.

  •  Si je suis assez fort·e, je vais enfin me sentir solide.

  •  Si je suis assez compétent·e, je vais enfin me sentir aimé·e.

Hide the pain Harold

Hide the pain Harold, Source: Wikipedia

Sauf que l’ombre apparaît quand même :

  • Prudent·e devient rigide

  • Accommodant·e devient amer·e

  • Fort·e devient seul·e

  • Compétent·e devient arrogant·e.


Puis, la taxe invisible arrive et tu commences à dépenser ton budget de leadership en mode protection plutôt qu’en création de valeur.


Si diriger ressemble à jouer un rôle, ce n’est généralement pas un problème de motivation. Il y a un problème de pattern (les habitudes automatiques construites pour te garder en sécurité, et qui te gardent discrètement petit·e).


Un pattern de leadership, c’est une façon par défaut de réagir sous pression, surtout quand tu veux être aimé·e, respecté·e, ou ne pas être remis·e en question.


Une cartographie simple pour reprendre ton pouvoir d’agir

Observer → Choisir → Renforcer

  1. Observer le pattern et identifie ce qui le déclenche. (Points bonis si tu nommes l’émotion associé)

  2. Choisir un tout nouveau geste que celui que tu adoptes habituellement par réflexe.

  3. Le renforcer jusqu’à ce qu’il devienne ton nouveau normal.

 

1er geste : Nommer le pattern

Quand tu nommes le pattern, tu arrêtes de te battre contre toi-même. Tu arrêtes d’essayer d’être meilleur·e et tu commences à voir ce qui dirige réellement tes gestes.

 

Pendant trois jours, choisis un moment récurrent (courriel, réunion, décision). Remplis une ligne. C’est tout !

Quand je me sens…

j’ai tendance à…

pour obtenir…

mais ça me coûte…

sous pression

trop expliquer

l’approbation

du temps et de la crédibilité.

incertain·e

retarder la demande

la sécurité

l’élan.

challengé·e

me taire

le contrôle

de la clarté.

Sam remarque le même élément déclencheur qui est d'écrire une mise à jour à l’équipe du C.A.. Iel ajoute sans cesse du rembourrage à bulles (bubble wrap) comme on met dans les boites de carton pour protéger ce qui est fragile avec des « juste », « peut-être », « désolé·e », comme si diriger nécessitait une permission.


Sam le nomme : « Je dilue quand je veux éviter la friction. » Quelque chose se desserre dans son corps et Sam respire mieux.

 

2ième geste : Troquer les conseils pour des expériences

La pression et la tension te fait chercher la certitude. En contrepartie, les expériences sont moins durs car elles n’exigent pas la perfection, seulement l’apprentissage.

 

Choisis une réunion hebdomadaire et lance une micro-expérience. Par exemple, dit ta décision en une seule phrase, puis arrête-toi avant d’y ajouter du rembourrage à bulles.

  • Hypothèse : « Si je fais X, Y va changer. »

  • Portée : Une situation, une semaine. On vise le court terme.

  • Indicateur : Un signal ou un indicateur observable. Pas d’intuition, que des faits.

  • Réinitialiser : « Si ça échoue, j’apprends et ce n’est pas la fin du monde. »


À la prochaine réunion du C.A., Sam donne la décision de manière clair et concis. Même si iel ressent l’envie de se justifier, iel ne le fait pas.


Le C.A. pose de meilleures questions et Sam respire comme quelqu’un qui vient d’enlever une veste trop serrée.

 

3 questions de réflexion

  1. Où est-ce que tu sur-expliques pour te rassurer ?

  2. Qu’est-ce que tu repousses jusqu’à ce que ça devienne urgent ?

  3. Quelle est ta petite habitude la plus coûteuse en ce moment ?

 

3ième geste : Construire un système miroir

Les patterns ne changent pas par prise de conscience seulement mais avec la pratique, la répétition et en apprenant de tes erreurs.

 

Fais le miroir une fois. Écris trois lignes.

  • Quel moment était crunchy cette semaine ?

  • Qu’est-ce que j’ai protégé ?

  • À quoi ressemblerait une coche plus vrai la prochaine fois ?


Vendredi, Sam écrit trois lignes dans un carnet et réalise que la semaine n’était pas trop occupée mais trop performative. Sam entoure une phrase : Une coche plus vrai.

 

Conclusion

Quand tu vois l’architecture, tu arrêtes de blâmer ta personnalité et d’essayer de te réparer. Tu commences à ajuster le pattern.

Cinq questions à garder avec toi cette semaine:
  1. Quel rôle est-ce que j’essaie de jouer qui n’est pas le mien ?

  2. Où est-ce que je dépense de l’énergie pour avoir l’air d’un·e bon·ne leader (faire) ou lieu de changer ma posture (être) ?

  3. Qu’est-ce que j’arrêterais de faire si je faisais confiance à ma propre autorité ?

  4. Qu’est-ce que j’appelle occupé·e alors que c’est en réalité de l’évitement ?

  5. C’est quoi, pour moi, une coche plus vrai la semaine prochaine ?


Il existe une version de ton leadership qui ressemble moins à une performance et plus à un alignement. Elle se construit par de petits gestes répétés. Si tu veux faire ce travail avec structure et soutien, voici un diagnostic express sur ta dette de leadership :





FAQ

Et si rien n’est pas correct, je suis juste fatigué·e ?

La fatigue est souvent le premier signal que tes réflexes coûtent plus qu’ils ne rapportent. Commence par nommer un pattern.

Comment savoir si c’est un pattern et non un manque de compétence ?

Si tu peux le faire parfois, mais pas sous pression, c’est souvent un pattern.

C’est quoi un petit point de départ ?

Un courriel, une réunion, une décision. Choisis la plus petite piste et lance une mini-expérience.

Et si je ne suis pas ce genre de leader ?

Tant mieux. Le but n’est pas de devenir un stéréotype, ni un cliché. Le but, c’est de devenir plus toi, avec une meilleure structure.


Et si j’essaie et je retombe dans mes vieux réflexes ?

C’est normal et ça nous arrive tous, de temps en temps. Les patterns sont comme des chemins tracés dans la forêt. Il faut le marcher plusieurs fois avant de tracer une nouvelle piste.


 
 
 

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